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Découvrir les comics— ép.1 : les fondations du super-héros en 10 essentiels

Après avoir exploré les bases pour se mettre à la bande dessinée dans nos dossiers précédents ( les Grands classiques, les BD de genres, les romans graphiques, les maitres de l’humour, les pépites méconnues ou oubliées & les jeunes auteurs à suivre.) nous vous proposons une petite initiation comics. On s’attaque aujourd’hui aux super-héros !

Attention, ces 10 essentiels reprennent par ordre d’apparition les principaux héros & dans le prochain dossier (les nouvelles icônes super-héroïques en 10 essentiels) vous retrouverez les absents de cette liste : Iron-Man, X-men, Wolverine, Wathchmen, etc…

Au sommaire 📰

1. SUPERMAN
2. BATMAN
3. CAPTAIN AMERICA
4. THE FLASH
5. GREEN LANTERN
6. WONDER WOMAN
7. FANTASTIC FOUR
8. SPIDER-MAN
9. HULK
10. THOR

1. SUPERMAN

Comme beaucoup de lecteurs de ma génération, j’ai découvert ce héros par la télévision, avec les films du début des années 1980 où Christopher Reeve incarne le personnage mais surtout avec la série TV Loïs et Clark. Un soap un peu mièvre, qui serait irregardable aujourd’hui au vue des standards des séries mais qui donnait corps au personnage à travers sa relation compliquée avec Loïs Lane. Une série que je regardais assez souvent avec mes frères. Ce n’est que plus tard que j’achèterai mes premiers comics, encore difficiles à trouver à la fin des années 1980.

À la fois le plus ancien et le plus puissant de tous les super-héros, Superman est probablement le personnage iconique par excellence : de la bande dessinée au cinéma en passant par les jouets ou les tee-shirts, impossible de passer une semaine ou presque sans apercevoir le S mythique au fil de notre quotidien. Depuis sa création en 1933, ses créateurs Jerry Siegel & Joe Shuster n’auront de cesse d’étoffer ce surhomme en lui offrant des origines extra-terrestres, une morale plus forte que ses pouvoirs, une identité secrète et des acolytes marquants. Peu de temps après, en 1941, le personnage apparaît en dessin animé avec les studios Fleischer qui lui donnent une aura et de nouveaux pouvoirs et feront de lui le personnage star du genre. Les auteurs qui se succéderont sur le titre continueront à donner profondeur et épaisseur à l’homme d’acier.

Alors, quel est le super conseil ?

Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver aussi Urban comics, son éditeur français, propose un recueil Superman — Anthologie qui regroupe une vingtaine d’histoires par ordre chronologique, de plusieurs époques et auteurs pour avoir une idée de son évolution.

Après vous pouvez tenter des runs complets qui ne demandent aucun pré-requis comme Superman All★Star de Grant Morrison & Frank Quitely qui fait vivre ses dernières heures au héros et l’oblige à laisser tomber l’identité de Clark Kent et à prendre des décisions terribles accompagnées des dessins éclatants de F.Quitely. C’est un peu différent du Superman classique, mais on rencontre tout ce qui compte dans son univers.

Ou Kingdom come de Mark Waid & Alex Ross qui sort l’homme d’acier de sa retraite et réunit la Justice league pour botter les fesses des nouveaux. Superman construit une super-prison et Batman se rebelle contre ce nouvel ordre, mis en image par l’illustrateur le plus iconique de Marvel : Alex Ross.

Mais aussi La Mort de Superman, un grand cross-over qui fait intervenir plusieurs scénaristes & dessinateurs pour mettre en scène la mort du héros face à Doomsday, un monstre qui a vaincu la Justice league en quelques minutes avant de s’en prendre à l’homme d’acier… et l’éliminer.

Pirouette avec Superman Red Son de Mark Millar, Dave Johnson & Killian Plunkett : une très bonne uchronie où la capsule de Superman se crashe en Russie. Il devient le surhomme du communisme et Lex Luthor, le défenseur de l’Amérique.

***

2. BATMAN

Grand fan du personnage depuis tout petit, traumatisé puis fasciné par les films de Tim Burton, puis la géniale série animée de Paul Dini & Bruce Timm (rien que d’écrire ça, j’ai le générique dans la tête…)
Ce super-héros n’est pas doté de pouvoirs. De détective masqué, il rejoindra les plus grands héros et comptera même parmi les plus puissants, capable de neutraliser Superman si besoin… Créé par Bob Kane & Bill Finger en 1939, The Bat-Man se présente au départ plus comme un Sherlock Holmes masqué et va évoluer progressivement en se dotant de gadgets. Aujourd’hui, impossible de l’imaginer sans batmobile, batcave ou l’aide d’Alfred, le majordome attaché à la famille Wayne. Le Joker et Catwoman sont là, presque depuis le début, Robin arrive rapidement et le ton se rapproche plus du genre super-héroïque. Il rencontrera d’autres héros, collaborera régulièrement avec Superman. Il fondera la Justice league of America qui regroupe les super-héros les plus importants, mais ce sera après la version noire d’un Batman usé et vieilli par Frank Miller, The Dark Knight en 1986 puis le reboot de Frank Miller & David Mazzucchelli Batman : Année Un à la fin des années 80 qu’il acquerra la stature et l’aura qu’il a aujourd’hui.

Alors, comment se déroule la visite de la batcave ?

Comme pour Clark Kent, les aventures masquées de Bruce Wayne ont fait l’objet d’une Batman — Anthologie pour vous repérer avec une quinzaine de récits choisis (vous pouvez lire en parallèle, celle du Joker aussi. On a là l’un des meilleurs badguy de tous les temps !)

Commencez par Batman : Année Un de Frank Miller & David Mazzucchelli qui offre les fondations du Batman moderne tout en le plongeant dans le noir (et avec l’un des dessinateurs les plus innovants sur le titre)

Enchaînez sur The Killing Joke écrit par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland où on découvre un Batman au bord de la folie poussé par le Joker qui a eu une de ses pires idées… Une des œuvres qui a poussé le titre dans ses pires retranchements avec le destin de Barbara Gordon.

Puis Batman — Un Long Halloween de Tim Sale & Jeph Loeb qui a le double avantage de présenter une enquête policière et de présenter tous les méchants de Gotham City en interrogatoire, séance de rattrapage garantie. Tim Sale est un dessinateur trop rare qu’on aimerait voir plus souvent (le duo récidivera avec Amère Victoire)

Batman White Knight de Sean Murphy a été la série la plus prisée de ses dernières années où le Joker se place comme le sauveur de Gotham et arrive à faire enfermer Batman avec la complicité d’Harley Quinn qui joue un de ses meilleurs rôles.

Plus expérimentaux,  le très graphique et malsain Arkham Asylum de Grant Morrison & Dave McKean. Batman se plonge dans l’asile où sont enfermés ses pires ennemis et on assiste à un duel schizophrène au milieu de peintures incroyables en guise de planches.
Petit pas de côté avec un Batman sans Batman, Gotham Central d’Ed Brubaker & Greg Rucka qui raconte la vie presque ordinaire d’un  commissariat dans la ville du Chevalier noir. Plus centré sur des sujets de société, il incorpore la mythologie du héros sans le faire intervenir.

3. CAPTAIN AMERICA

J’ai apprécié le personnage à la suite du premier Civil War, ce n’est qu’à partir de là que j’ai remonté le fil du personnage, j’étais passé à côté d’un personnage très intéressant.
Le  premier héros de l’écurie Marvel débarque en pleine Seconde Guerre Mondiale sous les crayons de Jack Kirby & Joe Simon (qui ne s’appelait pas encore comme ça en 1940 mais Timely Comics) frappe très fort puisque la couverture de ce premier numéro montre un Captain America clouant au sol Adolf Hitler d’un coup de poing. Steve Rogers, le super-soldat, enfant chétif qui absorba un sérum le rendant presque invulnérable fût populaire un instant puis tomba dans l’oubli assez rapidement.
Ce n’est que dans les années 1960 que Stan Lee réintégra le personnage au sein des Avengers. Cap’, retrouvé en état d’hibernation, devient le pilier des Avengers et l’un des héros les plus populaires de la bande. Sa cote de popularité explose en 2006, car il devient le héros rebelle et martyr de Civil War. Il est l’un des héros les plus puissants, mais lui, symbole de l’Amérique, se rebiffe contre Iron Man & le gouvernement et devient clandestin dans une lutte pour la liberté.

Alors, comment devenir un super-soldat ?

Pour découvrir le personnage d’origine, vous pouvez attaquer par la première des intégrales chronologiques Captain America — L’Intégrale, 1964–1966 même si le héros ne ressemble pas à celui que vous pouvez connaître au cinéma, vous aurez les bases de ce héros arrivé en pleine guerre.

Vous pouvez lire également Captain America : La Légende Vivante (et les suites Captain America : L’Hiver Meurtrier et Captain America : Le Rêve Est Mort) du scénariste Ed Brubaker qui a vraiment modernisé le personnage dans un univers plus sombre, plus orienté espionnage et a travaillé le personnage de Bucky qui deviendra le Soldat de l’Hiver.

Captain America : La Sentinelle de la Liberté présente le personnage après les événements du 11 septembre et le titre offre une vision plus politique & ancrée dans le réel que les aventures habituelles du héros étoilé. Même si tout ce run n’est pas égal, c’est un bon point d’entrée dans l’univers du héros.

Captain America : Blanc de Tim Sale et Jeph Loeb. Comme tous les livres du duo marqués d’une couleur, ils reviennent sur l’essence du personnage en proposant un récit à la fois synthétique et inédit. Un hommage sous forme d’histoire qui incarne le meilleur du personnage.
Et bien entendu Civil War de Mark Millar & Steve McNiven qui présente beaucoup de personnages et de clins d’œil à l’univers Marvel puisque les conséquences de ce cross-over vont marquer tout l’univers. Une série très référencée qui fait intervenir beaucoup de personnages connus ou non, mais assez bien écrite pour se lire indépendamment. Un monde au bord de la crise où deux camps s’affrontent à cause de la récente Loi de recensement des Sur-Hommes qui oblige les super-héros à divulguer leurs identités… Avec un Captain America en héros rebelle, dans son meilleur rôle.

4. THE FLASH

Petit, je le confondais toujours avec Flash Gordon, ne sachant jamais qui était qui mais j’aimais ce héros qui pouvait faire beaucoup plus que seulement courir vite. Plusieurs personnages ont occupé ou occupent le costume du Flash. Certains, reconnaissables à leurs costumes, d’autres endossant celui du précédent et on ne parle pas d’un héros, mais de plusieurs super-héros qui se sont croisés à de multiples reprises. Initialement, créé en 1940 par Gardner Fox & Harry Lampert, Jay Garrick était le Flash au casque d’acier. Mais ce sera en 1956 qu’il trouvera sa voix et son costume rouge frappé d’un éclair d’or, sous les traits de Barry Allen crée par Robert Kanigher, John Broome & Carmine Infantino.

Les deux versions se rencontreront dans une histoire importante Flash of Two Worlds. Wally West sera la troisième incarnation importante et si les trois se succéderont dans le costume au fil des décennies, ce sera Barry Allen qui reviendra toujours sur le devant de la scène (et avec raison, on apprend dans Flash rebirth en 2009 qu’il est à l’origine des pouvoirs de tous les Flash.) Le pouvoir du personnage est étroitement lié aux voyages dans le temps et à la modification de la matière, ce qui explique tant d’aller-retour et de modifications. C’est cette particularité qui servira de moteur ou de solution dans les arcs les plus importants de chez DC, mêlant tous les personnages de Crisis on Infinite Earths à Flashpoint. The Flash est un personnage clef du Multivers.

Alors, comment recommencer super-rapidement ?

Comme pour les personnages DC évoqués plus haut, je vous conseille le recueil Flash Anthologie qui regroupe une quinzaine d’histoires par ordre chronologique, de plusieurs époques, de plusieurs Flash pour avoir une idée de son évolution et de “qui est qui ?”

Puis vous pouvez tester Geoff Johns Présente Flash qui regroupe les histoires de Johns autour de Wally West suite à la disparition de Barry Allen. Une bonne transition avant le retour d’Allen.

Risquez-vous dans Crisis on Infinite Earths de Marv Wolfman & George Perez. Un puzzle géant et épique au cours duquel tous les univers fusionnent et où les auteurs clarifient la situation de chaque personnage, en font disparaître certains avec Barry Allen en figure centrale.

Passez à Flashpoint de Geoff Johns & Andy Kubert. Un cross-over mettant en scène tout l’univers DC où Flash (Barry Allen) change le cours de l’histoire en remontant le temps. Cet événement ouvre la période New 52.
Et pour ceux qui souhaitent un retour aux sources, Flash, la Légende de John Broome & Carmine Infantino reprend les origines de Barry Allen, avec le côté un peu old school des méchants/intrigues des années 50.

5. GREEN LANTERN

L’homme en vert est arrivé par un chemin détourné, c’est en lisant Green Lantern & Green Arrow de Dennis O’Neil & Neal Adams que j’ai découvert le personnage alors que ce run est assez éloigné de ses univers habituels.  

Le premier gardien de la Terre, Alan Scott prend ses fonctions en 1940 grâce à Bill Finger & Martin Nodell, son anneau lui permet de matérialiser presque tout grâce à la force de son esprit, de voyager dans la 4e dimension ou encore de remonter dans le temps. Il sera l’un des membres fondateurs de la Société de justice d’Amérique (JSA) avec The Flash et les héros de l’âge d’or mais ne sera pas à la hauteur des ventes et laissera sa place à Hal Jordan, le Green Lantern le plus populaire. Créé en 1959 par John Broome & Gil Kane, ce nouveau Green Lantern a finalement peu de choses en commun avec Scott, le titre se tourne vers la science-fiction, et Jordan reçoit d’un extraterrestre mourant la fonction de super-flic de la Terre au sein d’une organisation cosmique appelée Green Lantern Corps. Le personnage a trouvé sa voix même s’il continuera à subir d’importants changements avant d’y revenir. L’univers des Lantern est assez compliqué avec ses différentes corporations, des codes et entités galactiques sans compter les nombreux reboots et événements singulier comme le passage du côté obscur de Jordan en super-villain, de Parallax à Spectre, ou la confrontation d’Alan Scott et lui… Ce n’est que depuis les années 2000 que le personnage revient à ses origines SF après pas mal de chamboulements.

Alors, comment recharger sa lanterne ?

Geoff Johns est le scénariste qui a eu le plus d’influence sur le personnage moderne et il réorganisa son univers de fond en comble. Aussi, commencer par les intégrales Geoff Johns présente Green Lantern (T1 à T3) reste une très bonne introduction.

Vous pouvez continuer avec Green lantern T1 : sinestro du même scénariste. Plus proche de nous, Hal Jordan n’est plus le Green Lantern, mais l’anneau a été confié à son pire ennemi et on touche à ses motivations profondes et les mystères de son pouvoir.
Et mon préféré, venant de la période pré-Geoff Johns, dans Green Lantern & Green Arrow Dennis O’Neil & Neal Adams envoient les deux personnages sur les routes de l’Amérique profonde à la rencontre des habitants. Avec un ton réaliste, les super-héros s’attaquent aux problèmes de drogue, de racisme ou d’écologie au milieu des années 70. Le run détonne dans l’univers du héros d’émeraude, mais il est probablement l’un des comics les plus réussis en cela qu’il est connecté à son époque et, chose rare, que les héros se préoccupent de ce qui se passe ici et maintenant.

6. WONDER WOMAN

À part l’avoir croisé dans Kingdom come ou Crisis on Infinite Earths, je connaissais mal le personnage et je l’ai découvert plutôt tardivement. Avant la reprise du catalogue DC par Urban Comics, il y avait peu de titres disponibles en français, elle n’avait pas une grande place dans les étagères des librairies alors qu’elle a toujours été un personnage important aux USA.

En 1941, l’écrivain et psychologue William Moulton Marston crée la super-héroïne sous le pseudonyme de Charles Moulton et insiste pour en faire un personnage féministe à une époque où les personnages féminins n’avaient pas beaucoup de latitude. L’amazone intègre rapidement la Justice Society of America qui compte parmi ses membres The Flash et Green Lantern puis la Justice League aux côtés de Batman et Superman. Le titre passe par plusieurs grandes périodes dont certaines déconnectées de l’univers héroïque, oscillant entre l’espionnage et la mythologie pour les différentes personnalités endossées par la Princesse Diana. DC Comics initia une vague de réécriture de ses personnages au milieu des années 80 avec un lancement par Greg Potter et George Pérez qui posent les bases du personnage actuel.

Alors, à quelle Diana se vouer ?

Elle a aussi droit à son recueil Wonder Woman Anthologie. Une quinzaine d’histoires par ordre chronologique, de plusieurs époques et auteurs pour avoir une idée de son évolution. On le conseille pour remettre les choses dans l’ordre.

Ou peut-être attaquer avec la version la plus récente et réussie Wonder Woman Rebirth T1Greg Rucka & Nicola Scott réécrivent toute la légende de l’Amazone en ne gardant que les meilleurs côtés des dernières décennies.

Toujours par le même scénariste, l’anthologie Greg Rucka présente Wonder Woman contient certaines des meilleures histoires du personnage et est une très bonne porte d’entrée dans cet univers.

Pour les lecteurs qui veulent aller un peu plus loin, Wonder Woman : Dieux et Mortels par George Perez & Len Wein qui s’intéresse au pendant mythologique du personnage où l’amazone combat le dieu Arès.
À noter aussi quelle est un des personnages principaux de Kingdom come avec Superman, évoqué plus haut.

7. FANTASTIC FOUR

Je les ai découverts avec tous les autres persos de chez Marvel. À l’époque, j’avais un de mes meilleurs amis en 6e, chez qui j’allais lire des Strange qu’il avait dans son garage, on avait là, dans le désordre, un aperçu de ces comics étranges et attirants. Les 4 Fantastiques : Mr Fantastique, la Femme invisible, la Torche humaine et la Chose, s’imposent comme le premier groupe de super-héros pour réagir au succès de la Justice League chez DC comics. Une famille éclectique, traversée par des drames humains plus importants que les combats héroïques. Les auteurs trouvent la recette magique qu’ils vont appliquer à tous les autres héros : mettre au premier plan les faiblesses humaines des personnages et leurs relations plutôt que leurs pouvoirs.
Sous l’impulsion de Jack king of comics Kirby aux côtés de l’architecte des super-héros modernes Stan Lee, c’est dans cette série qu’apparaîtront bon nombre de personnages qui comptent parmi les plus marquants encore aujourd’hui : Namor ennemi puis ami, Fatalis s’impose vite comme un des grands vilains Marvel, le Surfeur d’Argent & Galactus le dévoreur de mondes s’installent aussi, mais aussi les Inhumains, Black Panther,…

Alors, comment se plier en 4 pour vous conseiller ?

Les anthologies chronologiques (dès le T1 : Fantastic Four — L’Intégrale, 1961–1962) sont parfaites pour aborder l’univers des FF : contrairement à d’autres séries qui enchaînent les différents auteurs, Stan Lee & Jack Kirby ont pu travailler très longtemps sur celle-ci, donnant aux premiers épisodes une vraie cohérence et un vrai intérêt à les lire dans la continuité. Seule ombre au tableau, elles sont régulièrement épuisées chez l’éditeur et il faut attendre de nouvelles rééditions.

À lire également, Nous sommes les Quatre Fantastiques, recueil qui reprend les moments cultes du quatuor, toutes époques confondues (plus facile d’accès pour ceux qui ne connaissent pas l’univers) de 1961 à nos jours. Une bonne manière de pénétrer l’univers. Vous pouvez également attaquer par Ultimate Fantastic Four initié par Brian M. Bendis & Mark Millar, qui comme tous les albums de la collection Ultimate proposent un reboot des personnages sans tenir compte de la continuité et de la cohérence des univers. Une réécriture le temps de deux albums qui repose les bases des héros pour le plaisir des fans et une porte d’entrée pour ceux qui voudraient approcher l’univers avec une touche contemporaine.

8. SPIDER-MAN

Comme beaucoup d’ados, je suis devenu accro à ce personnage plus qu’aux autres (avec les X-Men) car l’écriture de Lee et Ditko en ont fait un héro avec une vie & des problèmes d’ados.

Peter est le premier héros adolescent qui va affronter autant de problèmes amoureux ou financiers que des super-vilains de haut vol. L’univers du Tisseur est également assez exceptionnel : entre le personnage de J. Jonah Jameson, directeur du Daily Bugle & virulent ennemi de Spider-Man où Peter Parker est pigiste ; ses deux grands amours Gwen Stacy et Mary Jane Watson, son éternelle tante May…
Plus que tout autre, les lecteurs sont scotchés au fil des années par les évolutions de sa vie, de ses premières armes à son statut de héros incontournable, de son alliance au parasite Venom à sa lutte impossible contre son clone, de la perte tragique de Gwen à son mariage avec Mary Jane.

Alors, comment se faire une toile ?

Coup de cœur particulier sur Spider-Man Bleu de Jeph Loeb et Tim Sale qui offrent les plus belles pages à la fois graphiques et poétiques sur Gwen & Mary Jane. Réédité dans le recueil Daredevil/Spider-Man/Hulk dans la collection Icons.

Sinon, on démarre avec l’anthologie Je Suis Spider-Man, comme pour les héros précédents, vous avez compris le principe de ce recueil des moments marquants du personnage sur toute sa carrière.

Puis, les intégrales chronologiques également Spider-Man — Intégrale avec les premières histoires qui n’ont rien perdu de leurs charmes (à noter que certaines sont épuisées aussi)

Plus récent, Spider-Man par J. Michael Straczynski & Romita Jr. dans la collection Icon qui place l’homme-araignée dans une dynamique plus contemporaine. Puis Spider-Man — L’Autre toujours de J.M. Straczynski qui explore un ennemi intérieur et provoque Peter au cœur de son intimité, avant ses évolutions actuelles. Enfin, Marvels d’Alex Ross & Kurt Busiek qui explore tout l’univers Marvel d’un point de vue “humain”, non héroïque. Une ballade très graphique avec les peintures incroyables de Ross autour des personnages les plus forts où Spider-Man à une place de choix.

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9. HULK

Je n’aimais pas vraiment ce personnage avant de le lire dans les Avengers. Ses aventures en solo ne m’ont jamais trop passionnées jusqu’à récemment où les runs redéfinissent le personnage et ses limites. Par contre en groupe, et dans les histoires croisées, il avait toujours une place particulière.

Brillant scientifique Bruce Banner devient The Hulk sous le coup de la colère ou d’une émotion forte à la suite d’une exposition aux rayons gamma. Réécriture du Dr Jekyll / Mr Hyde de Stevenson à la sauce monstre géant selon le scénariste, c’est surtout le dessinateur qui va se faire plaisir à en faire une créature puissante et imposante, bien plus que d’ordinaire. Une manière d’aller plus loin après La Chose des FF en qui on peut voir un premier essai vers un personnage de colosse. Probablement l’un des personnages les plus puissants de l’univers Marvel sous sa forme verte, Banner est également l’un des plus grands génies aux côtés de Red Richard (Mr Fantastic) et Tony Stark (Iron Man), une dualité qui va faire du héros un élément indispensable des Avengers et des autres team up.
Le titre passe entre plusieurs mains, de gris, le géant devient vert, de simple d’esprit, il devient possédé par l’esprit de Banner, d’allié des Avengers puis des Defenders, il devient une menace trop grande pour la Terre et est envoyé sur une planète inconnue par ses anciens amis membres des Illuminati. Dans les runs Planète Hulk et World War Hulk, il découvre son nouvel univers puis qui l’a envoyé là avant de revenir mettre des baffes à tout le monde. TOUT le monde.

Alors, comment commencer sans s’énerver ?

On vous conseille de mettre de côté les intégrales année par année et de plutôt tester Hulk gris de Jeph Loeb & Tim Sale qui reprennent les bases du personnage.

Puis, la période moderne qui a développé le personnage vers un Hulk qui n’est plus un simple d’esprit, mais un héros à part entière Planète Hulk orchestré par Greg Pak où le monstre vert va se tailler une place au firmament après avoir été gladiateur et meneur de la révolte sur une planète guerrière.

Puis, World War Hulk qui est une suite directe où Hulk va se venger de plusieurs héros qui l’ont condamné. Un cross-over pour fêter son retour sur Terre. Ensuite, Hulk, la séparation de Jason Aaron & Marc Silvestri qui propose un run intéressant où Bruce Banner et Hulk se sont séparés et ils se cherchent l’un, l’autre. Le scientifique pour réintégrer ses deux personnalités, le Titan Vert pour éliminer sa part humaine où la facette la plus effrayante des deux reste Banner…

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10. THOR

Étrange personnage que ce héros de la mythologie nordique vivant à New York. Saga nordique devenue terrain de jeu pour la science-fiction plus que la fantasy, l’univers de Thor m’a toujours étonné par son côté décalé avec les autres personnages. Malgré son ancienneté ou son implication dans les Avengers, il a toujours l’air de ne pas faire partie de la bande.

L’asgardien va vite s’affranchir du mortel Donald Blake avec qui il partage un corps à la suite d’une punition de son père Odin. Une grande partie de ses pouvoirs proviennent de son marteau de guerre, Mjöllnir, qui a souvent une place centrale dans les récits, car il ne peut être manipulé que par des individus dignes de le porter (des heures de fun chez les Avengers). Des Avengers justement, il en sera un des membres fondateurs car il choisit de protéger la Terre avec les autres super-héros en plus d’Asgard, son monde d’origine.

Le titre connaît plusieurs évolutions et refontes au fil des ans et passe par des grosses périodes de creux avant de retrouver un sursaut dans les années 90 puis 2000 avec d’excellents auteurs qui se succèdent sur le personnage. Avec une renaissance graphique grâce aux talents d’Olivier Coipel puis au niveau du scénario avec Jason Aaron entre le Massacreur de dieux ou le Thor féminin de Mighty Thor & d’All-new Thor (ou encore le Thor un peu benêt des films)

Alors, comment peut-on être digne de Mjöllnir ?

L’intégrale Panini Je Suis Thor regroupe les meilleurs moments du personnage pour comprendre son évolution au fil des décennies (mais ne contient pas les histoires complètes bien sûr). Comme pour Hulk, mettez de côté les intégrales chronologiques pour plus tard.

Après, passez à Thor : renaissance de J.M. Straczynski & Olivier Coipel, une saga qui a relancé le personnage et sa mythologie. Les dessins de Coipel valent le détour.

Puis, enchaînez avec le très bon Massacreur de dieux de Jason Aaron & Esad Ribic où Thor doit plonger dans le futur à la recherche de celui qui a tué presque tous les dieux. Une belle saga cosmique qui renoue avec les grands moments du héros. Enfin, tentez l’aventure All-new Thor où Jason Aaron & Russel Dauterman recréent l’identité de Thor puisque c’est Jane Foster et non Donald Blake qui trouvera Mjöllnir. Handicapée par un cancer avancé, elle devient la puissante Thor dès que le monde a besoin d’elle, et débarque dans un conflit planétaire entre dieux où elle est traitée de voleuse et d’imposteur (un nouveau destin l’attend, mais c’est une autre histoire…)

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Illustration principale :
© Lunch a top a skyscraper par Dan Avenell

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