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Découvrir la bande dessinée — ép.5 : Les pépites méconnues en 10 essentiels

Cinquième dossier déjà sur comment constituer votre bibliothèque idéale en bande dessinée (rappelons que les dossiers comics & mangas arrivent aussi cette année). Après les Grands classiques, les BD de genres, les romans graphiques et les maitres de l’humour, voici les pépites méconnues ou oubliées en 10 essentiels.

📙 Place au cinquième tips pour construire votre bibliothèque idéale Les pépites méconnues ou oubliées en 10 essentiels

1. BARBARELLA

En plein boom de la science-fiction, Jean-Claude Forest réinvente le héros solitaire ou le voyageur galactique avec cette jeune femme indépendante et déterminée au milieu d’une galaxie hostile. Sensuelle, inspirée de Brigitte Bardot, Barbarella n’est pourtant pas une pin-up ( Harvey Kurtzman publie la même année, Little Annie Fanny où tous les scénarios conduisent à dévêtir la jeune femme pour avoir une idée de l’époque) deux approches très différentes en cette année 1962, même s’il est vrai que l’érotisme est omniprésent. L’album choque à sa parution probablement autant pour ses scènes sans complexes que pour cette saga dont l’héroïne est une femme qui n’est ni soumise à un homme ou gouvernement, mais qui suit ses envies et son instinct.

Dessinateur incroyable, son style s’inscrit dans la tradition des grands maitres du noir & blanc Caniff, Raymond et Pratt ; le dessin généreux, le trait souple et élancé ou encore la profusion des lignes et des hachures au coeur de pages tantôt épurées tantôt chargées, une oeuvre identifiable entre mille.
Pourtant c’est comme scénariste et conteur qu’il s’impose et reste à jamais l’un des grands noms de la bande dessinée. Son imagination débordante, sa culture et ses idées ouvrent dans ses albums des horizons et des pistes de réflexion jouissives, en plus des histoires passionnantes. Un auteur à redécouvrir d’urgence.

2. L’AN 01

Bande dessinée participative bien avant l’heure du numérique, ces pages publiées par Gébé dans le journal Charlie Mensuel puis Charlie-Hebdo au début des années 70 allaient marquer plusieurs générations.
Chaque planche proposait une vision du monde à l’an 01 après la Révolution, “l’an 01” après le début de l’utopie : tous les sujets étaient traités dans ces pages : le travail au premier plan, mais aussi l’amour libre, la vie en communauté, l’écologie, la propriété…
Ce qui a vraiment fait le succès de cette bande dessinée, est l’implication des lecteurs : le dessinateur demandait chaque semaine des idées, des propositions à traiter et les intégrait dans l’histoire les semaines suivantes (il commença également un film participatif en faisant le tour de France et en tournant des parties avec des bénévoles et des fans.)
Avec pour slogan : “On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste” Gébé acrée une utopie fantastique qui a existé pour des milliers de personnes le temps de la publication de ces planches, et du film. Manifeste, carnets de notes, scénarios et essais, cette publication devient un laboratoire public à la fois artistique et politique, au fil des interventions/propositions des lecteurs.

À mi-chemin entre le dessin de presse et la bande dessinée, le style de Gébé a déjà quelque chose d’iconique dans sa manière de travailler les personnages et la mise en page. Dosant subtilement l’humour, la satire et la poésie, les planches de cette oeuvre surprennent entre cartoon et réalisme.
Les premières planches relevaient du projet politique avec ses propositions pour réfléchir, la suite collective en fera une oeuvre d’une ampleur sans précédent, marquant l’âge d’or de Charlie Hébdo.
Réédition préfacée, commentée et augmentée avec le DVD, ce livre est une réussite pour savourer cet OVNI intemporel.

3. FREDDY LOMBARD

Attention, on touche quelque part à la légende. Yves Chaland est l’un des grands dessinateurs de la ligne claire, pressenti pour reprendre le personnage de Spirou, il fut écarté au dernier moment pour des raisons politiques internes chez Dupuis. On peut lire les premiers strips parus dans le Journal de Spirou, compilés dans l’album de cette oeuvre inachevée Cœurs d’acier.
Qu’à cela ne tienne, il s’est mis en tête de dessiner ses propres albums de Spirou comme prévu mais la série s’appellerait Les Aventures de Freddy Lombard. Freddy a le look de Tintin, Sweep incarne Fantasio et Dina, Seccotine pour ce trio plus rock’n’roll que les originaux. Challand injecte également une dimension littéraire forte (et un hommage à Tintin, Black et Mortimer, Salambô,… en plus de Spirou) et un second degré bienvenu, souvent absent du genre.
Sa carrière démarre avec une série de pastiches géniaux réunis en album dans Captivant ou encore avec les strips impertinents du Jeune Albert (lisez ça !!!) et il cultivera dans tous ses albums ce petit grain cynique et corrosif.

Grand styliste, il redonne à la ligne claire son heure de gloire dans les années 80 (avec Ted Benoit, Floc’h et Serge Clerc entre autres) et s’impose en quelques années comme l’un des grands dessinateurs, avant de disparaitre tragiquement dans un accident de voiture. Une oeuvre dense pour dix années de publication avec les cinq volets de cette série, et les albums évoqués plus haut mais aussi Adolphus Claar, Bob Fish,… ainsi que de nombreuses illustrations de presse ou liées à la musique.
On vous conseille fortement cette série donc, ainsi que le Jeune Albert pour commencer, mais tout est réussi et fascinant chez cet auteur décapant.

4. LÉON LA CAME

Vous connaissez probablement le film d’animation Les Triplettes de Belleville mais saviez-vous que les auteurs ont commencé leur collaboration en bande dessinée, toujours dans ces univers urbains loufoques ? Le Bibendum céleste (qui a servi de base au film) mais surtout Léon la Came, sommet d’humour noir et de satire sociale féroce. Une famille bourgeoise incarne la France moderne et chaque personnage dévoile ses travers dans cette farce grotesque et réjouissante. Un carnaval des fous quotidien pour ces personnages qui n’ont pas de recul sur eux-mêmes. Une oeuvre avec une vision forte sur le monde d’aujourd’hui mis en scène avec beaucoup de talent. On est à la fois réjouis et mal à l’aise, amusés et effrayés par ces ambiances terribles et loufoques.

On entre vraiment dans l’univers par le dessin de Nicolas de Crécy qui fascine par son inventivité et sa facilité à créer des images dans notre esprit. Rares sont les dessinateurs avec un trait aussi vivant et un talent particulier pour refléter leurs émotions, leurs angoisses et leurs désirs par le dessin & la couleur (on vous conseille aussi de feuilleter ses recueils de dessins, juste pour le gros kif.)
Sylvain Chomet injecte sa patte et ses dialogues relevés qui donnent une série unique et bien plus profonde que leurs projets en solo plus tardifs. Plongez dans l’univers impitoyable des grands bourgeois et l’envers du décor dans un voyage à sens unique…

5. LE PETIT CHRISTIAN

Après un passage remarqué à Fluide Glacial avec des œuvres pleines d’humour fantasque et onirique (Waldo’s Bar, Mademoiselle Sunnymoon), Blutch enchaîne avec des albums plus noirs et plus denses (Mitchum, Peplum) où son dessin se fait plus virtuose. Il simplifie son trait et revient à l’humour avec les gags du Petit Christian (en 2 albums) qui raconte une enfance rêvée de l’auteur. Sans être autobiographiques, ces planches mettent en scène un double du jeune auteur à travers ses découvertes de la bande dessinée, du dessin et de ses premières expériences. Que ce soit pour approcher les filles ou prendre des décisions, le jeune garçon invoquera Rahan, le Doc Justice et Steve McQueen, ses anges gardiens, qui deviendront ses meilleurs interlocuteurs dans le monde hostile de la pré-adolescence.

Le trait est moins virtuose que dans les derniers albums de l’auteur Variation ou Lune L’Envers où on mesure le talent incroyable de Blutch. Le Petit Christian fait partie d’une des variations de style du dessinateur qui a beaucoup expérimenté tout au long de sa carrière. Mais ici, le dessin sert parfaitement le propos, permet une grande liberté de ton et contribue au succès de ces livres. Suivront les albums les plus emblématiques de l’auteur multi-récompensé mais cette parenthèse sur la jeunesse est d’une tendresse et d’un humour éclatant. Mention spéciale aussi à la série Blotch où il dessine ses camarades de Fluide Glacial en artistes pédants, misogynes, racistes & ringards produisant des planches sans intérêt, dans une période d’entre deux guerres. Humour noir et réflexions sur l’art au programme.

6. PINOCCHIO

Ré-interprétation étonnante et décapante du conte de Carlo Collodi (et surtout celle de Disney) par Winshluss. Pinocchio est un robot, non pas un pantin de bois mais une machine, et sa mise en route ira de catastrophes en catastrophes. Sa courte vie ne sera que désillusions : une existence bien plus cruelle et violente que ce que l’on connait. Son créateur veut en faire une arme de guerre à vendre aux militaires, sa femme un sextoy et tout dérape à la suite d’un court-circuit. Trash est le mot qui décrirait le mieux l’oeuvre mais on passerait à côté des planches versions pleines pages. Des planches sublimes à l’aquarelle ou des trouvailles graphiques de l’auteur. Une narration réussie sans passer par les dialogues ou la voix off, qui nous entraine dans cet univers à la fois féérique et malsain. Ajoutons que le dessinateur est également réalisateur, il a collaboré avec Marjane Satrapi sur les films Persepolis (où l’on retrouve bien sa touche dans une séquence onirique) et Poulet aux prunes pour vous donner une idée de l’étendue de sa palette.

Winshluss est certainement l’un des dessinateurs français les plus underground mais aussi l’un des grands créateurs d’images iconiques. Son travail repose beaucoup sur des re-créations, ré-interprétations des personnages de Disney ou de ces personnages qui se sont affranchis de leurs œuvres. Très maîtrisés, à la fois dans le dessin et le découpage, tous ses albums sont des vraies découvertes graphiques et son humour grinçant achève de nous emporter avec lui. L’album est muet, à l’exception des interludes géniaux avec Jiminy cafard, écrivain raté, qui philosophe sur tout et rien (et qui ne semble rien savoir de Pinocchio…) Du génie. Attention quand même, un livre réservé aux adultes.

7. LA SAISON DES FLÈCHES

Des Indiens en conserve, lyophilisés et prêts à l’emploi pour vos tâches domestiques ou avoir un peu de compagnie. De vrais Amérindiens de la conquête de l’Ouest sous-vide à utiliser pour amuser vos enfants, étonner vos amis,… Le point de départ de cet album de Guillaume Trouillard & Samuel Stento est hilarant et tout le livre est un tour de force autour de cette idée absurde : les situations grotesques s’enchainent et petit à petit c’est une vraie critique du monde occidental qui a détruit ces cultures en arrivant sur le continent américain. La farce tourne à la chasse à l’homme, quand un père de famille décide de protéger ses Indiens de l’administration et l’appartement se mue en plaines, montagnes, déserts, torrents et villages pour ce western improvisé.
Les auteurs s’amusent à tirer le fil, d’une chambre avec tipi à la baignoire pleine d’un canoë, en passant par le congélateur qui renferme des inuits il n’y a qu’un pas que l’on ne peut que franchir. Les pages sont pleines d’inventions et de poésie au milieu de dessins techniques et réalistes.

Et les planches sont incroyables, les dessins à l’aquarelle, pleines pages, les carnets de croquis ou les fausses publicités nous plongent dans cet univers loufoque qui devient de plus en plus tangible et attirant.
Tout, du scénario au trait participe à cette ambiance décalée, drôle et érudite. Après lecture, on pense au travail de Daniel Goossens ou aux Monthy Python pour la folie maîtrisée mais aussi aux images que l’on a de cette période de l’histoire : comment des migrants européens ont détruit plusieurs civilisations en quelques années pour des raisons absurdes ? Les retraités, héros de cette histoire prennent le parti de leurs Sioux, allant de plus en plus loin et nous les suivons avec bonheur…

8. CITÉ 14

Série initialement parue sous forme de fascicules à un euro avec quelques pages à chaque livraison du feuilleton Cité 14 où plusieurs histoires imbriquées donnaient une idée de ce monde steam-punk attachant. Les dix numéros que comptent la saison un, mettent l’accent sur un personnage et un moment clef de l’histoire et la beauté de cette narration en épisode permet aux auteurs, Pierre Gabus & Romuald Reutimann, de nous livrer plusieurs points de vue sur les événements à travers les différents héros. Tour à tout polar, récit de science-fiction, de super-héros, la saga ne s’interdit rien et nous embarque dans son univers maitrisé et étoffé. Chaque livraison est présentée avec une “fausse” couverture qui reprend les codes de la couv’ de comics à sensation et donne le ton. Ville miroir de New York, abritant une population dense qui vit au rythme des activités de la pègre locale, des justiciers masqués (et leurs dommages collatéraux), des extravagances d’aventuriers millionnaires, d’un gang d’extra-terrestres,… la Cité 14 abrite une galaxie d’histoires intrigantes.

Le style de Romuald Reutimann est assez atypique dans son approche à la fois réaliste et caricaturale, il réussit à mêler plusieurs niveaux de dessins dans ses planches donnant une ambiance novatrice et percutante. Il y a quelque chose de la BD underground dans son approche, avec ce trait rapide et chargé mais en même temps très maitrisé et avec un sens du mouvement très fluide. Le rendu est plus proche du comics que de la BD franco-belge sans pour autant en reprendre les codes. Une deuxième saison clôturera le premier cycle et un one-shot sur les origines de certains personnages viendra étoffer l’univers en place. En attendant la suite de cette saga mystérieuse…

9. MODERNE OLYMPIA

Cet album prend place dans la collection Musée d’Orsay, comme celle pour le Musée du Louvre, où Futuropolis propose à des auteurs de bande dessinée de créer un album autour du musée ou de ses collections. Plusieurs albums très marquants sont sortis de cette belle initiative et celui de Catherine Meurisse s’ajoute à la liste. À travers l’histoire d’Olympia, c’est tout un pan de l’histoire de l’art qui s’anime, les anciens contre les modernes, les impressionnistes “Officiels” & “refusés” et bien sûr les peintres “pompiers” : l’auteure nous propose un voyage érudit à travers les intrigues façon télé réalité entre Venus et Olympia, deux égéries picturales que tout oppose. Avec beaucoup d’humour et de pas de côté, les pages de cet album nous donnent à voir les grandes heures de la peinture moderne et proposent plusieurs niveaux de lecture réjouissants. Pas besoin d’être un expert pour savourer cet album bien que connaitre ses œuvres révèle une myriade de clins d’oeil et de privates jokes réjouissantes (Petit extrait qui parle de lui-même : “Elle a même fait cascadeur pour un tableau de Courbet, L’Origine du monde”)

Le style de Catherine Meurisse est tout en mouvement et participe à cette poésie corrosive déjà présente dans ses dessins de presse. Un trait libre ouvert, qui lui permet d’installer un personnage ou une situation en quelques lignes et de se faire plus précis pour représenter les œuvres du musée. Ce trait vif se fait en écho des dialogues décapants dont elle a le secret dans ses strips. La dessinatrice a le chic pour trouver le mot juste, et l’angle d’attaque parfait : son histoire de l’art façon West side story nous embarque immédiatement. Si vous avez une “urgence philosophie”, un débat sur : “peut-on apprendre en s’amusant”, voici de quoi clore la discussion en beauté.

10. JULIETTE, LES FANTÔMES REVIENNENT AU PRINTEMPS

Une histoire d’amour des plus ordinaire, une parenthèse heureuse au milieu de nulle part, un livre sur la beauté de l’instant et de la chance à saisir. Difficile de mettre en lumière l’histoire “classique” de cet album tant nous sommes habitués aux histoires amoureuses : n’importe quelle oeuvre, livre ou film rejoue cette variation pour nous accrocher à l’intrigue, aussi faire preuve d’originalité dans ce domaine est un énorme défi. “Challenge accepted” pour Camille Jourdy qui propose une des plus belles histoires du genre depuis de nombreuses années. Vaudeville amoureux dans une ville paumée, quiproquo, non dit, … le cadre est installé pour cette comédie romantique qui est tout sauf mièvre. Elle raconte la vie de ses personnages avec leurs hauts et bas avec beaucoup de sincérité et de crédibilité ; Camille Jourdy excelle dans la mise en scène et la caractérisation des personnages. Chacun d’eux est extrêmement crédible et toute la beauté de l’album se joue dans les détails, ce que l’on ne voit pas et les petites tensions. Poignante et drôle, elle arrive à proposer des situations amusantes et décalées dans cette histoire familiale chargée. Un vrai talent d’écriture qui explique les nombreux prix et l’adaptation cinématographique de son précédent romand graphique Rosalie Blum par Julien Rappeneau.

Chaleureux et expressif, le dessin de la dessinatrice surprend et fascine. Elle alterne les personnages presque croqués sur le vif, se passant de décors pour laisser la place au mouvement et au dialogue ; avec de pleines pages colorées, sans trait de cerne, presque des tableaux. De grandes illustrations contemplatives qui ponctuent le récit offrant des respirations graphiques et esthétiques. L’art de Camille Jourdy est dans le détail, qu’il soit narratif ou visuel, rien n’est laissé au hasard pour donner cette impression de simplicité et de complicité. Même après plusieurs lectures, l’album réserve pas mal de secrets.

 

 

 

 

 

Et vous pouvez lire nos coups de cœur pour aller plus loin

 

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3 commentaires

  • thomasbubble

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