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Pluto de Naoki Urasawa

Combat de robots ou conte philosophique ? Vous hésitez entre lire un bon manga de baston et un seinen plus sérieux ce soir ; pas de problème. Lisez la série Pluto, réinterprétation magistrale d’un épisode d’AstroBoy d’Osamu Tezuka : « Le robot le plus fort du monde » par Naoki Urasawa qui implémente les caractéristiques de son univers tout en respectant l’œuvre originale.

Tour de force scénaristique pour cette nouvelle aventure d’Astro et véritable plaisir esthétique, car l’auteur de Monster et 20th century Boy s’attache à en réinterpréter les personnages avec grâce –et profondeur.

Dans les sorties manga, il y a peu d’auteurs dont j’attends chaque nouvelle publication avec frisson. Bien sûr il y a beaucoup d’auteurs dont j’aime lire le travail à chaque sortie mais j’insiste : bien peu me donnent un frisson comme Naoki Urasawa. À chaque nouvelle série, son univers graphique impressionne de plus en plus, mais surtout ses choix scénaristiques offrent une vraie dose d’imagination et d’envie. Les premiers volumes de ses séries sont souvent un gros shot de rêveries et de réflexions pour un bon moment. Et même si sur la longueur 20th century Boy m’a un peu perdu ; le thème, l’ambiance et les personnages me passionnent encore. Vous l’aurez compris, à la sortie du premier volume de Pluto, crossover entre Monster et AstroBoy, je faisais littéralement des bons dans la librairie.

« — Vraiment aujourd’hui, il devient impossible de distinguer un robot d’un humain.
– Il y a un moyen très simple.
– Oui ? Lequel ?
– Chez un humain, les mouvements superflus sont nombreux.
– Pff… »

En évitant le piège de la redite, Urasawa redéploie ce combat entre Astro et Pluto, le tueur de robots, en un thriller psychologique inquiétant. Sociétés secrètes, meurtres rituels (le tueur signe ses crimes en plantant des cornes dans le corps de ses victimes dans une mise en scène digne de la scène d’ouverture de True detective), réflexions sur la nature humaine, frontières floues entre le bien et le mal,… Le tout en gardant le côté très Sf de la série originelle avec quelques clins d’œil et emprunts aux maîtres du genre Isaac Asimov et P.K. Dick. L’allusion à Dick n’est pas anecdotique tant les réflexions du personnage principal –qui n’est pas Astro !- ressemblent à celles des répliquants de Blade runner.

Comme toujours, l’univers d’Urasawa est très noir et torturé, mais le personnage d’Astro et de sa sœur Uran apportent une touche différente et rendent hommage aux thèmes humanistes chers à Tezuka. Pluto est une œuvre dense gorgée d’hommages aux références du maître pour un manga court et magistral. Une bonne porte d’entrée dans l’univers de l’auteur de Billy Bat mais aussi une bonne raison de relire AstroBoy !

Cette belle double page est en japonais pour ne pas faire de spoiler 😉

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