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Nausicaä de la vallée du vent d’Hayao Miyazaki

« Son cœur bat, il a vécu mille ans enseveli sous la terre » 

Avant d’être un film, Nausicaä fût le premier et l’unique manga d’Hayao Miyazaki, le l’un des réalisateurs d’animation les plus célébrés au monde. Une saga publiée durant treize années, commencée avant les premiers longs métrages du maitre mais terminée après plusieurs grands succès mondiaux de Mon voisin Totoro à Porco Rosso.

Fable écolo, dystopie puissante et fiction réussie Nausicaä aborde un futur pas si lointain où le feu nucléaire a presque détruit la planète et où quelques survivants recréent une guerre éternelle au milieu d’une flore et d’une faune hostile qui nettoie la terre de ses habitants. Comme il le fera plus tard dans ses longs-métrages Hayao Miyazaki se réapproprie des mythes et des histoires classiques pour les retraduire à travers un conte très personnel. Cette princesse guerrière perce à la fois le secret de la forêt empoisonnée et devient le messie pour plusieurs peuples qui la suivent à travers cette course contre la montre. Voyage initiatique, combats aériens, personnages mystiques, réflexion sur l’invisible et sur le bien et le mal,… les grands thèmes qui ont fait le succès de ses films sont déjà tous présents dans ce manga originel.

En plus d’être un conteur d’exception, on peut admirer ici son superbe travail d’illustrateur. Plus fouillé que ses créations à l’écran, le trait du dessinateur se fait précis, anguleux et extrêmement vivant dans ces pages. On détecte immédiatement la patte du maitre derrière ce noir plus épais que d’habitude. Le découpage est audacieux, situant plusieurs actions dans la même case, accélérant certains moments sur plusieurs pages ou au contraire offrant des images très composées.

Série unique puisque le succès de ses œuvres au cinéma l’a détourné du manga, mais également par son traitement inhabituel pour une série prépubliée vous avez devant vous un ovni élégant et passionnant. Toute l’érudition et les lectures du maitre de l’anime que ce soit en science-fiction américaine (Terremer et Dune en tête) ou dans le folklore traditionnel japonais qu’il ravive ; toutes ses influences qui préfigureront son travail à venir se trouvent en germe dans cette Vallée du vent. On ne peut que vous pousser à monter à bord.

 

Nausicaä de la vallée du vent d’Hayao Miyazaki, Glénat, 2009
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Images extraites de l’album © Hayao Miyazaki/Glénat

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