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Ghost in the shell de Masamune Shirow

Fin du collège, un copain me montre ses “BD spéciales” que ses parents lui ont offertes. Nous sommes à la fin des années 90 et je feuillette fasciné Gunnm, Akira, Ghost in the shell et Nomad. C’est très beau, un peu violent et fou, mais surtout c’était dense, très dense : jamais mes Astérix et mes Thorgal n’ont fait des centaines de pages. Glénat proposait des albums incroyables qu’on appelait “manga” et un nouvel univers c’est ouvert…

À l’heure où le teaaser assez bluffant de l’adaptation filmée de Ghost in the shell tourne sur les réseaux sociaux pour l’an prochain, il est temps de faire le point sur cette très courte série qui a marqué les esprits. Avec seulement deux volumes (un seul en VO) et trois hors-séries, ce titre a eu une grande influence sur les lecteurs et les auteurs qui ont lu l’œuvre de Masamune Shirow. Sous couvert d’un manga d’action/espionnage au dessin très fan service (tous ces robots féminins en sous-vêtements est une partie émergée de l’iceberg) c’est une vraie tentative d’essai philosophique sur ce qui nous définit en tant qu’humain, l’homme augmenté et la science qui nous a proposés. Chaque situation est prétexte aux réflexions du Major Kusanagi qui questionne sa nature et va devoir comprendre son ennemi le plus retord : une intelligence artificielle dotée d’une conscience.

Le Major Motoko Kusanagi est un cyborg plein de ressources dont les missions musclées comportent toujours une partie de duel intérieur. Elle fait partie de la Section 9, branche secrète et non officielle de la sécurité intérieure spécialisée dans l’anti-terrorisme et dotée d’un équipement de pointe et de soldats aux compétences exceptionnelles. L’auteur s’amuse à inventer des institutions et des armes futuristes, des situations de géopolitique crédible. Dans ce contexte, entre deux scènes de poursuite ou de combat, il s’amuse à inscrire des commentaires dans la marge sur ces dernières lectures, sur comment il a trouvé cette idée,… Ainsi le manga acquiert une forme hybride qui convient parfaitement au propos.

« — Tu veux un peu de musique New-age pour te détendre ?
– Vous ne vous en tirerez pas comme ça, pourritures de flics ! / Ouais / Vous méprisez nos droits ! / Vous piétinez nos libertés !
– Pff…Personne ne se préoccupe de l’humain qui est mort. Mais ces putains de machines forment un vrai Lobby… La vie vaut de moins en moins cher…
– Ah, laissez tomber, Major… Inutile de discuter avec une foule au bord de l’émeute… »

Le dessin chargé, anguleux de Masamune Shirow participe de l’atmosphère cyberpunk qui se dégage de l’œuvre. Son utilisation charbonneuse du trait et des trames donnent une aura noire à l’ensemble contrastant avec le ton joyeux et cabotin des dialogues. Beaucoup d’humour et de second degré dans ce manga dont l’enjeu est de réfléchir sur la limite homme-machine et ce qui fait l’essence d’un Homme quand on a remplacé chaque partie de son corps par un composant mécanique. En quelques centaines de pages, Ghost in the shell s’est imposé comme une œuvre incontournable du paysage de la science-fiction.

Pas étonnant que cette mini-série compte déjà quatre longs-métrages d’animation, trois séries télé, des jeux-vidéos et maintenant un futur blockbuster avec Scarlett Johansson. Deux albums que l’on vous conseille vivement de lire, que vous ayez prévu d’aller voir le film ou non.

“Si t’avais un problème avec ce monde-ci, tu vas adorer celui où je t’envoie… En enfer !”

Ghost in the shell de Masamune Shirow, édition Glénat, 1996

+2 albums à ajouter à votre BDthèque (série terminée + 3 albums série “Man Machine Interface/Human Error Processor” + 2 hors-série)

N’hésitez pas à partager vos coups de coeur sur le groupe ou à me poser des questions sur Twitter si vous voulez en savoir plus.
À très bientôt !
Thomas

Images extraites de l’album © Masamune Shirow / Glénat

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