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Lastman de Balak, Michaël Sanlaville et Bastien Vivès

Alors que la série TV vient de commencer sur France 4, on vous propose de découvrir Lastman et ce qui se cache derrière. Depuis 2013 ce « manga à la française » déroute et enchante par son côté non conformiste tant dans le fond que dans la forme. Les auteurs ont réussi à créer une série qui mixe leurs styles respectifs et leurs influences avec un résultat qui vaut vraiment le détour. Depuis quelque temps, je suivais le travail de Bastien Vivès, qui proposait des albums graphiquement étonnants, un blog incroyablement drôle et, surprise, la prépublication en ligne du premier volume de cette nouvelle série entre baston, SF et roman d’initiation.

Entre Bambi et Dragon Ball, les débuts s’ouvrent sur un monde médiéval-fantastique qui va progressivement s’enrichir de nouveaux univers et personnages plus proches de la science-fiction, de même que la narration s’épaissit et s’oriente vers un public plus adulte. Après un premier cycle de six volumes centrés sur les personnages d’Adrian et Marianne Velba ainsi que de Richard Aldana et Tomie Katana, et où on découvrait les personnages et l’univers, le second se passe dix ans plus tard et il est centré autour d’Elorna Morgan ainsi que le retour de Christo, Tomie Katana et du duo Adrian- Richard qui reprend du service. L’ambiance est plus noire, plus mystique et fait un pont avec la série animée qui ouvre le scénario sur un monde en crise et un complot bien plus vaste que la quête initiale des premiers volumes. Les dialogues et les situations sonnent justes malgré les virages serrés que prend l’histoire. Depuis le début il y a une atmosphère et un ton qui nous retiennent captifs.

Le dessin à quatre mains du tandem Michaël Sanlaville-Bastien Vivès puise dans le meilleur de leurs talents respectifs donnant un trait unique entre recherche d’une simplification efficace et mouvement, une beauté suggestive. Le découpage très cinéma proposé par Balak, complètement au service de l’histoire, permet aux auteurs une grande liberté. Notamment dans les dialogues percutants et les privates jokes qui ne ralentissent pas l’histoire et qui offrent une épaisseur supplémentaire aux héros, ce qui reste assez unique en bande-dessinée franco-belge. Ce travail de groupe a donné une impulsion incroyable dans la réalisation (9 volumes de 200 pages en moins de quatre ans) et pas que dans l’univers développé : les bandes-dessinées (avec une prépublication gratuite en ligne des premiers tomes), la série animée, le jeu vidéo… et visiblement d’autres projets sont en cours.

« — Ça va pas de parler comme ça ? Tu t’excuses tout de suite !
– Eh, c’est pas parce que tu as gagné un pauvre match que tu vas me dire ce que je dois faire, ok ?! Tu vas faire quoi, tu vas pleurer ? »

Passionnants et intrigants, ces neufs premiers volumes — sur douze prévus- nous tiennent en halène et réussissent à ne pas s’essouffler. Au contraire même, après avoir vu les trois premiers épisodes de la série animée, je peux vous dire que c’est de mieux en mieux (elle comptera 26 épisodes qui sortent tous cette année).

Comme pour nombre de bonnes sagas, on est à la fois impatient de lire la suite tout en souhaitant que cela ne s’arrête pas. Heureusement les auteurs annoncent déjà des spin-off avec certains personnages secondaires. C’est vraiment une des belles surprises de ces dernières années dans une production qui a du mal à se renouveler, espérons que ce ne soit que le début.

Images extraites de l’album © Balak/Sanlaville/Vivès/Casterman

Affiche de la série TV
affiche promo du jeu vidéo

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