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Akira de Katsuhiro Otomo

Pour ceux qui auraient manqué le début, nous évoquons cette semaine l’un des mangas les plus célèbres, une œuvre unique qui a marqué des générations de lecteurs –et de dessinateurs. Akira. Grand fan de Moebius et de quelques artistes européens, Katsuhiro Otomo insuffle une vision nouvelle du dessin et révolutionne le manga adulte du début des années 80 avec cette seule série. À l’image des explosions et des impacts qui jalonnent Néo-Tokyo dans son œuvre, cette publication marquera un avant et un après dans le monde de la bande dessinée.

Que ce soit dans les thèmes qu’il aborde ou par ses propositions graphiques, Katsuhiro Otomo a ouvert un boulevard aux seinens modernes. Best-seller dans de nombreux pays, il popularise la dystopie et les récits post-apocalyptiques avec leurs lots d’ultra-violence, de machines, de sectes et où la science est vue comme magie. De la SF aux accents fanatiques qui se concentre sur la jeunesse d’un monde à la dérive.

Distillant les codes habituels du manga populaire avec ses lycéens rebelles, ses histoires d’amours compliquées, son regard pointu sur la société japonaise … et en les transposant dans cet univers noir, de post 3e Guerre mondiale, le dessinateur embarque ses lecteurs dans cette fresque désespérée et angoissante. En plus de la violence et des menaces politiques qui s’immiscent dans le quotidien de ces adolescents, l’auteur aborde frontalement le sexe, la drogue, les déviances et les complots avec une manière nouvelle d’approcher ces tabous qui consolidera son rôle de précurseur du manga moderne. Un glissement virtuose qui lui a permis de faire le tour du monde et de pouvoir adapter lui-même son histoire en long-métrage animé.

Aussi minutieux et réussi, le film devient culte à son tour ; lançant la série en France et une bombe dans le monde de l’animation. Otomo connaît alors une carrière de réalisateur qui va peut à peu l’éloigner du dessin. À l’ombre d’Akira, qui éclipse souvent le reste de sa production, on vous conseille également de lire Dōmu, œuvre écrite juste avant, très réussie aussi dans son genre : un huis-clôt urbain où les enfants ont déjà un rôle majeur et où le paranormal est déjà très présent.

« — Vous n’auriez pas quelque chose docteur ? J’ai un de ces mal de crâne…
– Ça devrait bientôt se calmer.
– Peuh… Essayez de pas trop me triturer le cerveau. Je suis déjà pas très intelligent, alors s’vous plait… »

Machines, architectures, courses-poursuites et déflagrations,…Otomo renouvelle le langage graphique de la vitesse et de la violence en manga. Très technique et virtuose, avec son sens du découpage et de la mise en scène cinématographique. Son trait façonne un monde crédible dans un futur impensable et a donné vie à des personnages devenus mythiques, en quelques chapitres.

Vous l’aurez compris, lire Akira est l’un des piliers de la bibliothèque idéale et sa réédition avec une nouvelle traduction — le tome deux arrive cette semaine — est une bonne occasion de s’y mettre si vous n’aviez pas sauté le pas. Et pour les fans, c’est l’occasion de relire un classique avec un texte et un format plus proche de l’original. Indispensable.

 

« Nous sommes des voyous qui agissons dans les règles de l’art, nous ! »

Akira de Katsuhiro Otomo, éditions Glénat, 2016
+ 6 albums à ajouter à votre BDthèque (série en cours –nouvelle édition)

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À très bientôt !
Thomas

Images extraites de l’album © Katsuhiro Otomo/Glénat

Et l’affiche du film !

1 commentaire

  • thomasbubble

    […] de sortir au compte-goute la version dite originale d’Akira. Un grand classique du manga (tout savoir sur la série ici) qui n’avait jamais fait l’objet d’une réédition jusque là malgré les défauts des […]

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