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Planètes de Makoto Yukimura

« Des éboueurs de l’espace. » « Un manga génial où il ne se passe pas grand-chose… » Voici les arguments de quelques amis qui tentaient de me mettre Planètes entre les mains lorsque j’avais la vingtaine. Difficile de résumer cette série de science-fiction étonnante, très réaliste et attentive au moindre détail, car les histoires ne se ressemblent pas : même si toutes suivent le fil rouge d’une équipe chargée de nettoyer l’espace de ses débris dangereux.

Tout est en place pour le space opera : une menace à l’échelle de la galaxie, des terroristes du futur, un génie/milliardaire fou qui sacrifie ses hommes pour un rêve de technologie, la conquête du système solaire, les bases lunaires,… Chaque chapitre de cette série se penche sur un aspect de ce que pourrait être le futur de l’Homme dans l’espace. Et l’auteur propose des réflexions sur la technologie, la géopolitique, la gestion de crise,… qui offrent aux lecteurs une année 2075 assez crédible.

Le pari réussi de Makoto Yukimura de parler de cette conquête spatiale en restant à échelle humaine, est très stimulant. À travers les mini-récits de chaque personnage, se dévoile en arrière-fond la cohérence de cet univers. Toutes les grandes sagas l’ont bien compris : même dans un monde fabuleux, derrière des pouvoirs fantastiques, ce sont toujours les relations entre les êtres qui captivent notre attention. Le mangaka nous livre ici une galerie de personnages attachants qui jouent avec les clichés habituels de la SF.

« — Chaque jour, la quantité de déchets augmente. Conséquence : ça fait plus de six mois qu’on n’a pas pu rentrer sur Terre… Quand j’étais gosse… j’étais fasciné par la beauté de la lune. Je n’avais pas besoin d’autre raison pour partir dans l’espace.
– Ces derniers temps, c’est différent. »

Le dessin alterne les ambiances très graphiques et contemplatives dans l’espace (dans les vaisseaux, stations ou sur Terre) avec des dessins plus vifs, pour les scènes d’actions ou de dialogues. Sur plus de mille pages, la précision extrême va côtoyer la rapidité du croquis comme si l’urgence silencieuse du vide imposait cette dualité.

Derrière les moteurs des navettes et la danse des débris en orbite terrestre, c’est une histoire d’amour, des variations sur l’amitié et les relations parents-enfants qui se dévoilent dans cette fable spatiale. Une invitation à réfléchir et rêver en bande dessinée.

« L’espace ne t’aimera jamais mais il peut te pardonner. »

Planètes de Makoto Yukimura, édition Panini, 2015
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À très bientôt !
Thomas

Images extraites de l’album ©Makoto Yukimura/ Panini

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