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Théodore Poussin de Frank Le Gall

Aujourd’hui c’est une bande dessinée que je relis chaque année, depuis sa découverte dans les pages du magazine Spirou quand j’étais gamin. À l’époque je trouvais que c’était la BD la plus étrange du journal et en général je ne la lisais pas tout de suite (alors que le reste était scrupuleusement lu dans l’ordre) j’y revenais plus tard pour essayer de comprendre cette histoire où il ne se passait rien. Et puis le choc. Je suis tombé sur les pages 20–21 du T10, La Terrasse des audiences seconde partie, avec sa double page de texte dialogué illustrée juste après la scène du baiser. Ouah, comment pouvait-on faire ça en bande dessinée ?

Après cette révélation, je me mis à chercher les albums de Théodore Poussin, moi qui n’en connaissais que des extraits hachés dans le journal. J’ai découvert que chez Frank Le Gall la grande aventure et l’aventure intime pouvaient se compléter et même se magnifier. Qu’on pouvait trouver autant d’intensité et de plaisir dans une scène de dispute domestique que dans une lutte avec un requin. Bref, j’ai trouvé un compagnon de voyage qui m’a mis sur la piste de grands écrivains aventuriers comme Conrad, London, Stevenson ou Mac Orlan ; mais j’ai surtout trouvé une série que je relirais toujours avec plaisir vingt ans plus tard.

« — Vous connaissez Baudelaire ?
– Pas personnellement… »

En résumé : Théodore Poussin n’est pas ce qu’on appelle un aventurier ou un poète au début du premier album Capitaine Steene. Pourtant en quelques centaines de planches il pouvait déjà prétendre à faire partie de ce club très fermé présidé par le roi des aventuriers cultivés Corto Maltese. À travers l’Asie et secondé par le très mystérieux Monsieur Novembre, il va suivre les traces de son célèbre oncle (le Capitaine Steene) à la recherche d’un trésor particulier : un étrange secret de famille.

En plus d’être un dessinateur exceptionnel et d’expérimenter graphiquement à chaque album, Frank Le Gall est un conteur de grand talent. Que ce soit un scénario pour Lewis Trondheim sur la série Lapinot, le T5 Vacances de Printemps, exceptionnel ; ou une version revisitée de Spirou et Fantasio avec les Marais du temps ; il trouve à chaque fois le ton juste pour replacer le fantastique à échelle humaine.
En attendant un nouvel album en 2017, Le dernier voyage de l’Amok, je vous conseille de lire ou relire ces trois volumes d’intégrales très bien construites, pleines d’inédits (histoires courtes, interviews, anecdotes,…) et de superbes illustrations, vous avez là une des pépites de la bande dessinée franco-belge. Que ce soit dit.

« La route des toits est la plus sûre… et la plus poétique aussi… »

Théodore Poussin — Intégrale de Frank Le Gall, édition Dupuis, 2010
+3 albums à ajouter à votre BDthèque (série intégrale en 12 volumes MAIS un T13 est paru en 2018)

N’hésitez pas à partager vos coups de coeur sur le groupe ou à me poser des questions sur Twitter si vous voulez en savoir plus.
À très bientôt !
Thomas

Images extraites de l’album © Frank Le Gall/Dupuis

Cette fameuse double page…

1 commentaire

  • thomasbubble

    […] capitaine Poussin revient pour une ultime (pas si sûr) aventure après dix ans d’absence. Si vous aviez loupé les épisodes précédents, voici de quoi vous rattraper (extraits et coup de c…. Ce nouvel épisode tient compte de ce décalage temporel, où les lecteurs ont perdu de vue leur […]

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