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La jeunesse de Mickey de Tébo

À bien réfléchir, Donald est probablement le personnage qui a le plus marqué ma jeunesse. Dans les Picsou mag, Mickey Parade, le journal de Mickey, Super Picsou Géant que je lisais en boucle enfant et ado (ok j’avoue j’en achète toujours de temps en temps, MAIS c’est une drogue légale, j’ai le droit… Réglez ça avec Popop mon avocat.) Mickey moins. Mickey c’était moins drôle, c’était les enquêtes sérieuses avec le commissaire Finot, Pat Hibulaire et le Fantôme noir ; les dessins animés un peu moralisateurs,… Alors que Donald était fou, les aventures incroyables, l’humour omniprésent sous la patte des grands Carl Barks et Keno Don Rosa.

Pourtant le personnage le plus célèbre du monde –ou presque– à inspiré l’intrépide Tébo, auteur de Samson et Néon : un habitué des pastiches et des re-création comme avec Captain Biceps écrit par Zep et Alice au pays des singes dessiné par Nicolas Keramidas. En imaginant Mickey âgé, qui perd la mémoire, le dessinateur s’offre de réinventer les débuts du personnage –dérapages et mythomanie assumée.

On sent le plaisir du trait à toutes les pages pour cette jeunesse, qui explore les grandes heures de la mythologie de l’Amérique moderne : Conquête de l’Ouest, Première Guerre mondiale, prohibition et esclavage. Des périodes exclues habituellement par les studios Disney, revues et corrigées sauce Tébo qui parlent à toutes les générations.

« Je suis venu vous délivrer !
– Si vous êtes mon sauveur, pourquoi faites-vous la plonge ?
– C’est un de mes grands défauts : quand je vois de la vaisselle sale, je ne peux m’empêcher de la laver !
– Ça a bien changé ! »

Les pages fourmillent de clins d’œil, d’inventions et d’idées. Tébo synthétise le meilleur de ses univers autour de ces personnages archi vus et revus, et se permet le luxe d’en détourner les codes avec brio. Les doubles pages sont magiques et son trait rond et les couleurs presque flashy sont en parfait accord avec cette révision loufoque et idéale des aventures de Mickey.

Pour le moment, ce tome reste mon préférée de cette série, même si les autres sont assez aboutis et passionnants également : Le concept de pages perdues et retrouvées (et le graphisme) de Mickey’s Craziest Adventures de Lewis Trondheim & Nicolas Keramidas vaut le détour. Le Café Zombo de Régis Loisel est accrocheur dans son approche sombre et sociale, mais fidèle à l’univers. Et reste Une mystérieuse mélodie de Cosey qui passe pour le plus léger avec sa quête mélancolique et son scénario un peu alambiqué. Un début de collection très réussi et qui augure de belles choses à venir tant le monde de Disney offre de possibilités.

En attendant d’autres sorties, jetez-vous sur La jeunesse de Mickey, et réveillez l’habitant de Mickeyville qui sommeille en vous.

« J’étais quand même bien débile quand j’étais jeune… »

La jeunesse de Mickey de Tébo, éditions Glénat, 2016
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À très bientôt !
Thomas

Images extraites de l’album © Tébo/Glénat

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