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Sandman par Neil Gaiman & Co

Longtemps j’ai pensé que Sandman était le comics le plus fascinant, le plus mystérieux et poétique jamais écrit. Avec Alan Moore, Neil Gaiman fait partie de ces scénaristes incroyables qui proposent des histoires fascinantes entremêlées de références innombrables et cryptiques à la littérature, aux comics, à la musique,… sans jamais perdre leur lecteur.

Pourtant Sandman reste une série marginale en France, peu connue, et qui méditerait d’être plus mise en avant. Par chance Urban comics vient de rééditer l’intégrale avec un appareil critique, des inédits, des interviews et des galeries d’illustrations qui valent le détour. Une belle occasion d’en parler aujourd’hui.

En 1987, le label Vertigo de DC comics cherche de nouveaux talents et embauche un jeune auteur britannique, disciple d’Alan Moore, pour relancer un personnage oublié The Sandman. La même année que The Dark Knights Returns de Frank Miller et Watchmen d’Alan Moore. Comme pour Watchmen Neil Gaiman va complètement déconstruire le personnage dont il a la charge et proposer une saga qui joue aussi bien avec le concept du héros que les codes du comics. En quelques numéros l’auteur, les dessinateurs, les coloristes, les encreurs et les lettreurs associés vont gagner des dizaines de prix et faire de la collection Vertigo le héraut des comics indépendants de l’époque : DMZ, Fables, Northlanders, Preacher, Scalped, Transmetropolitan, Y, The Last Man,  … Il y a un avant et un après Sandman.

« — Mais si la police l’apprenait ? Tu le séquestres !
– Ne dis pas de bêtise, Paul. Je t’ai dit… Il est là en bas depuis quarante ans, sans manger, ni dormir. Je ne crois même pas qu’il respire dans sa cage de verre. C’est un être au pouvoir insondable. Alors que faire ?
Dire pardon… Tout est de la faute de père. Passez me voir à votre prochaine incarnation sur le plan matériel ?
– Si tu le dis. Tu as bien plus d’expérience que moi. Un petit tennis ? »

Le casting de collaborateurs sur cette série est assez impressionnant. De jeunes auteurs ou des dessinateurs déjà prestigieux, américains ou européens, illustrent et donnent vie aux différentes incarnations du Sandman. Adaptant son scénario, les épisodes de la série –alternant entre histoire courtes et cycles longs- reflètent la personnalité de chaque dessinateur. Aussi l’épisode le plus célèbre Ramadan, par P. Craig Russel reprend les codes des miniatures persanes pour illustrer ce conte à la manière des Mille et une nuits.

Chaque histoire propose un épisode graphique et littéraire unique, avec une mise en scène, un découpage et des techniques propres. Et qui pourrait presque se lire indépendamment. C’est l’une des grandes forces de la série, mener à terme plusieurs cycles au sein d’un arc global autour du Sandman tout en proposant des manières de raconter différentes à chaque chapitre. L’autre élément qui unit ces numéros et nous plonge dans une ambiance de rêve et de cauchemar ce sont les incroyables couvertures de Dave McKean. Ce plasticien et dessinateur va créer des ambiances inoubliables, qui participeront du succès immédiat de la série, en mêlant peinture, collage et photographie… Je vous invite à regarder sur google image l’étendue des talents du dessinateur d’Arkham asylum.

Difficile de résumer plus de deux mille pages, un autre record que détient la série avec le nombre de récompenses. Je vous laisse quelques images en extrait ci-dessous et vous conseille vraiment d’attaquer le premier volume de la série. D’autant plus que les nouvelles éditions chez Urban offrent des interviews et des dossiers très érudits en complément des comics. Peu d’albums sont aussi réussis. Une lecture indispensable qu’on se le dise.

Images extraites de l’album © Neil Gaiman/Urban comics

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