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Invincible de Cory Walker, Ryan Ottley & Robert Kirkman

Attention ! Place à la violence, à l’action et aux états d’âme cosmiques autour de la famille et des responsabilités. Le créateur de Walking dead se lance dans la démesure en créant un univers complet de super héros et en faisant lui même des cross-overs entre les différentes séries. Un brin mégalo mais avec beaucoup d’autodérision, les univers d’Invincible & co débordent de références et de clins d’œil aux personnages Marvel et DC tout en construisant leur mythologie propre. Comme dans toutes les œuvres du scénariste, la violence et le décorum SF sert à mettre en scène les problèmes moraux des personnages, et ces séries n’échappent pas à la règle : que faire si le sauveur de l’humanité décide de tuer tous les humains parce qu’ils causent plus d’ennuis que de bonheur ?

Superman, Batman, Ironman, … imaginés sous un jour nouveau avec leurs problèmes familiaux, en particulier autour de la puberté et de l’adolescence, mais aussi leurs faiblesses plus mises en avant que leurs exploits. L’alter-égo de Superman coule des jours heureux en famille entre deux missions extrêmes et tente d’élever son fils normalement. Le ton est drôle, bien vu et explore ce nouvel univers sans pour autant tomber dans la parodie. Un petit extrait qui résume bien la série pour illustrer ces propos :

« Vous avez passé une bonne journée ?

– J’ai découvert qu’un de mes profs transformait ses élèves en bombes humaines pour se venger des jeunes qui lui faisaient penser à ceux qui avaient poussé son fils au suicide. Finalement, il s’est lui-même changé en bombe et a essayé de nous tuer, une amie et moi. J’ai volé jusqu’en Antarctique avant qu’il n’explose, pour ne blesser personne.

– J’ai fait huit mois en esclavage dans une autre dimension, même s’il s’est passé moins de temps ici. Il y a une semaine, j’ai mené une révolte contre mes geôliers et repris le contrôle de mes pouvoirs. Aujourd’hui, des scientifiques rebelles, ont trouvé le moyen de me ramener à la maison.

– Très bien. Qui veut du dessert ? »

Cory Walker et Ryan Ottley se partagent le dessin de la série et des premiers dérivés avec un style un peu froid et anguleux au premier abord, mais assez dynamique et qui colle bien à l’univers. Le design des nombreux héros et créatures est assez réussi et le côté pop ressort assez bien. Cet aspect chaleureux a permis aux créateurs de proposer une des séries les plus violentes visuellement du genre sans que nous soyons trop déroutés.

Autre particularité de l’écriture de Robert Kirkman, c’est sa propension à sacrifier ses personnages principaux (il devait arracher les ailes des mouches avec un certain Georges R.R. Martin pour se détendre dans la cour de récrée) et Invincible joue avec nos nerfs avec un timing bien foutu et des revirements de scénarios chocs : et l’ensemble arrive à se renouveler après quinze ans de publication.

On peut se passer des spins-of et séries dérivées, on passe un bon moment sur certains, d’autres sont un peu plus orientés jeunesse, mais aucun n’a l’ampleur de la série mère. Si vous aimez l’ambiance Walking dead, les films d’action des années 80 avec leurs dialogues badass ou simplement les comics qui osent tout avec talent, vous avez trouvé votre team.

« Je peux retenir mon souffle pendant deux semaine, tu dois bien pouvoir tenir une heure »

Images extraites de l’album © Ryan Ottley/ Cory Walker/Robert Kirkman/Delcourt

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