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GTO de Tôru Fujisawa

« J’ai parié sur les miracles que son anormalité peut réaliser »

Je me souviens quand j’ai découvert cette série en étant ado, c’était assez barré et intrigant pour que toutes les situations les moins crédibles le deviennent. Le gamin rebelle, membre d’un gang devient le professeur le plus cool de la terre même, si ses motivations ne sont pas la pédagogie ou l’envie de transmettre… plutôt les jolies lycéennes.

Violence urbaine, règlement de compte & chantage, désengagement du système éducatif & casse sociale, conflit générationnel & délinquance juvénile,… bienvenue dans le Japon invisible, celui qui n’existe pas officiellement mais transpire dans les mangas des années 80–90. On pense immédiatement à Akira sans la SF.

De gangster looser à héros éducateur. Un point de départ décalé qui permettra au jeune professeur Onizuka de montrer ce qu’il a dans le ventre, et qu’il n’est pas le salaud qu’il voudrait être. Au contraire, plus les situations deviennent tordues et perverses plus notre prof devient un héros. En particulier, comparé aux autres membres du corps enseignant qui ne sont pas recommandables sous leurs vernis respectables.

Le badboy sympathique nous embarque dans un Japon délirant, décalé où les jeux de mots et l’humour sont l’arme absolue (pour les jeux de mots et les références pointues, il faut un peu creuser mais si on aime le Japon c’est une mine d’informations) Et c’est à la sauce niponne, avec une bonne dose de pipi-caca. Mais dosé avec une vraie réflexion sur ce qui peut être important dans une vie, l’empathie et la valeur qu’on accorde aux autres. Une leçon d’humanité derrière les pitreries du héros.

Assez virtuose sur toutes ses séries, le dessin de Tôru Fujisawa détonne par sa précision et son sens du détail. Les personnages ou les décors ont fait l’objet d’une grande attention, les cadrages et la mise en page servent l’action et l’émotion à merveille. Un soin particulier est apporté aux visages mais cela n’empêche pas des moments de libertés graphiques, comme scénaristiques dont l’alternance fait partie de l’âme de cette série.

La série ressort chez Pika cette année, c’est en cours, voilà une bonne occasion de relire ou lire cette série assez peu mise en avant en France. Du fun, une vraie leçon de vie et un manuel décapant à l’usage des adolescents qui voudraient savoir tout ce qu’il ne faut pas faire pour draguer. Attention, l’auteur accorde une énorme place au « fan service » cette pratique de magaka qui consiste à dessiner de jolies filles en sous-vêtements, ou en situations délicates le plus souvent possible pour plaire à un lectorat masculin. Même si l’auteur joue avec ce cliché, puisque son personnage est bien un gros pervers, cela peut choquer si on est pas prévenu. Mais derrière cette galerie un poil misogyne qui devient risible au fil de l’histoire, ce Great Teacher Onizuka reste un des personnages les plus marquant du genre shonen.

 

GTO de Tôru Fujisawa, Pika, 2017 pour la nouvelle édition
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Images extraites de l’album © Tôru Fujisawa/Pika

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