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Donjon de Joann Sfar, Lewis Trondheim & Cie

Pour une fois ce n’est pas un album, ni même une série que je vous propose de découvrir, mais une quarantaine de titres répartis dans cinq séries principales : le tout piloté par Joann Sfar et Lewis Trondheim aux scénarios avec une trentaine d’auteurs. Bienvenue au royaume de la démesure, bienvenue au Donjon !

Une série que l’on peut relire très souvent tellement les thèmes, les dessins et les plaisirs sont variés avec cette pléiade de talents. Le génie des deux scénaristes est d’avoir créé un monde-cadre qui accueille -avec humour- des idées aussi variées que le style des dessinateurs qui donnent leurs visions des personnages.

Il faut dire que c’est une des rares séries qui ne s’était pas essoufflée avec le temps sauf les deux derniers albums un peu ratés, pressés de boucler avant la fin alors que chaque sortie était toujours aussi forte, nouvelle et excitante. Mais les auteurs relancent cinq ans après la série et de nouveaux albums arrivent début 2020.

La grande force de Donjon est de ne pas se limiter à l’humour et le pastiche réussi, oui ces albums rugissent presque tous d’une drôlerie féroce, mais toujours avec un fond ou un propos intrigant. Au fil des albums, la parodie a laissé place à la création originale pour aboutir à l’une des sagas d’heroic-fantasy les plus réussies avec ses codes, ses personnages mémorables, ses expérimentations, sa philosophie…

«- Mécréants ! Celui qui porte l’Épée a pour mission sacrée de réunir les sept objets du Destin. Il faut que vous accomplissiez cette quête.
– Et ça servirait à quoi ?
– Ah ça…pas la moindre idée.
– Alors on s’en fout ! Ha ha ha ha »

Impossible de parler du dessin et de la narration ici tant les albums sont tous différents. Certains très expérimentaux dans la forme, d’autres plus classiques mais tous sont assez uniques dans le paysage de la bande dessinée franco-belge par son jeu de connexions et de références. Et le casting est réjouissant : Christophe Blain, Blutch, Manu Larcenet, Alfred, Boulet, Carlos Nine, Yoann, Killoffer, Nicolas Keramidas et la liste est encore longue.

« Dans le Donjon tout est bon » dit un adage local, mais comment on s’y retrouve ? (Astuce : lisez les titres de chaque série à haute voix pour voir)

Donjon Zénith raconte l’histoire cadre des personnages principaux : Herbert, Marvin et le Gardien qui auront chacun leurs aventures déclinées dans les autres séries. La jeunesse du Gardien en justicier puceau dans Potron-minet ; la vieillesse ennemie de Marvin et Herbert dans Crépuscule.
Donjon Monsters propose l’histoire d’un personnage secondaire à chaque album avec un dessinateur différent : c’est là que se trouvent les plus belles pépites. Et Donjon Parade s’intercale entre le T1 et 2 de Zénith dans un temps suspendu où les héros ne vieillissent pas contrairement au reste de la série.

Au moment de boucler ce texte, les prochains titres qui relancent la série sont connus avec l’ajout d’une nouvelle série Antipode. Je vous conseille de commencer par les trois premiers de la série Zénith puis Crépuscule qui permet de comprendre les sauts dans le temps et les jalons qui seront exploités dans Donjon Monsters ; avant d’attaquer Potron-minet (ma préférée !) et après tout le reste…

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Images extraites de l’album © Joann Sfar/Lewis Trondheim/ Carlos Nine / Blutch / Larcenet (image de couverture de l’article en haut) / Mazan / Bézian / Delcourt

Difficile de donner un extrait de la diversité des styles et des talents des différents dessinateurs…

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