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Gus de Christophe Blain

Le quatrième volume de la série Gus est sorti en début d’année et ce nouvel épisode place la barre très haut pour le retour d’une série commencée il y a dix ans. Western sentimental, épopée intime, ces albums abordent les tourments de l’Ouest d’une manière nouvelle et intrigante : nos héros sont des bandits et leur butin des histoires d’amour, des souvenirs et des curiosités. Et ce quatrième tome est incroyable, histoires vraies revisitées, incursion de grandes figures du cinéma, mise en abyme du feuilleton dans le feuilleton, passage d’une génération à une autre,… Même si chaque album a une forme d’indépendance, ce nouvel opus m’a donné très envie de tout relire et de vous en parler.

Comme pour Isaac le Pirate, un récit de piraterie qui abandonnait le genre pour se recentrer sur son héros,le dessinateur utilise les codes du western pour mieux s’en éloigner. Il s’en éloigne pour mieux y revenir en fait. Si vous aimez les chevauchées sauvages, les attaques de train, les échanges musclés et les barjos de la conquête des grandes plaines vous allez en prendre plein les yeux. On est du côté du feuilleton, des coulisses de la fabrication des légendes et chaque aventure de ces anti-héros –versions actualisées des Pieds nickelés- de leurs déboires qui deviennent grandioses par la parole, les on-dit.

« — La semaine prochaine, Darling, je vous recontacte sans faute.
Un mois plus tard.
– ME MARIE DANS DEUX SEMAINES — RESTONS AMIS COMME AVANT CET AGRÉABLE BAISER –
– Je vais lui écrire une lettre.
– Si tu veux te branler devant ton papier, vas-y. 
»

Chaque épisode recèle des trésors d’inventivité graphiques et surtout de référence au cinéma classique du western spaghetti à la grande épopée hollywoodienne. Christophe Blain est un virtuose du mouvement, son trait anime les personnages comme aucun autre auteur contemporain. Le trait noir, charbonneux du dessinateur oscille entre l’extrême précision et l’esquisse, épousant l’action et nous invitant à accélérer ou ralentir. Les décors ou les personnages sont réduits à des silhouettes et des aplats de couleurs symbolisant les lieux ou deviennent des compositions incroyables de perspectives et de couleurs.

Peut-être l’un des meilleurs dessinateurs contemporains, il est aussi un conteur de talent qui surprend à chaque nouvel album. Idem pour le choix de ses sujets ou de ses collaborations, il a la bonne idée d’aller là où on ne le l’attend pas et c’est tant mieux. Une occasion de relire quelques Donjons aussi, dont il dessine certains des plus beaux albums de la série.

 

« Ce sont de petits poissons, on peut en attraper de bien plus gros. »

Gus de Christophe Blain, éditions Dargaud, 2007
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À très bientôt !
Thomas

Images extraites de l’album © Christophe Blain/Dargaud

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