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Hicksville de Dylan Horrocks

Il y a plus d’une dizaine d’années, un ami me prête un comics, au nom et à la couverture énigmatique, publié à L’Association. Une route vide, quelques nuages sur un fond jaune. Le type de couverture qui n’inspire pas confiance. Pourtant en grand fan de comics je découvre un comics sur les comics dont l’intrigue tourne autour d’auteurs de comics avec de faux comics. Ahhhh, le rêve. Aujourd’hui cette couverture onirique n’existe plus, Casterman ayant choisi une illustration plus figurative (qui fonctionne bien aussi, côté poétique et énigmatique). Et outre le format plus grand, l’ajout d’une préface sous forme de bande dessinée est une plaisante surprise.

Mais revenons à nos beaux souvenirs. Dylan Horrocks nous entraine à Hicksville, cette petite ville de Nouvelle-Zélande où tout le monde lit des comics, où se trouvent les éditions les plus rares des précieux magazines et surtout d’où vient Dick Burger l’auteur le plus célèbre du moment, véritable successeur de Jack Kirby au titre de roi des comics. En suivant le journaliste Leonard Batts sur les traces de cet auteur milliardaire, nous découvrons aussi les comics dessinés par les habitants d’Hicksville jusqu’aux célèbres planches du roman graphique de Burger qui ont bouleversé l’industrie du comics américain et qui cachent le plus grand secret des comics…

Côté intertextuel, chaque chapitre s’ouvre avec une citation d’un auteur réel et quelques pages d’un comics local. La force des bandes dessinées de Dylan Horrocks — on peut s’en convaincre en feuilletant le très beau recueil de ses publications en fanzines : At Work également publié par Casterman- c’est que tout tourne autour de la création et des doutes de l’auteur de bande dessinée. À travers cette enquête du type Le nom de la rose aux origines des comics, c’est tout le processus créatif, les attentes et les regrets d’un auteur qui sont passés au crible.

« — Quoi ? Vous écrivez sur la BD ?
– Ouais. Je viens de terminer un livre sur Jack Kirby et…
– Jamais entendu parler d’un job aussi tordu… »

L’émotion et la force de cette thématique sous-jacente sont renforcées par les nombreux hommages, citations visuelles et recréations graphiques de grandes œuvres du 9e art, mais aussi par la création de comics imaginaires avec leurs propres styles. Tout en restant attaché à ce “polar” dans les coulisses du 9e art, le dessinateur s’amuse à créer un récit métalittéraire plein de surprises pour le lecteur averti. Le dessin de Dylan Horrocks s’adapte et se transforme selon les incarnations choisies et participe de cette réflexion sur la création.

« Apparemment mes premiers mots ont été : Donald Duck »

Hicksville de Dylan Horrocks, édition Casterman, 2015
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N’hésitez pas à partager vos coups de coeur sur le groupe ou à me poser des questions sur Twitter si vous voulez en savoir plus.
À très bientôt !
Thomas

Images extraites de l’album ©Dylan Horrocks/Casterman

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